lundi 8 février 2010

Dublin, off the records

Voilà, de retour de Dublin. L'European Deepstack Poker Championship m'ayant laissé sur les rotules, je ne vais pas développer aujourd'hui. Je vous laisse juste deux courtes vidéos de mauvaise qualité et sans aucun intérêt (mais que j'ai faites moi-même avec mon appareil photo), afin de voir à quoi ressemblait cette grande messe du poker. Sur une des deux, vous verrez un mec en rose à ma table, c'est un Irish pur souche (Thomas Nolan, 4è) qui fera table finale. À très bientôt pour la suite et mes impressions.

PS: Félicitations à Fred, aka D8, qui remporte l'épreuve! GG !







jeudi 4 février 2010

Country roads to... Dublin!

À l'heure où la plupart d'entre vous liront ces lignes, je serai entre la Suisse et l'Irlande, confortablement assis (ou pas) à l'intérieur de la carlingue d'un oiseau de fer. Arrivé (normalement) à Dublin en fin d'après-midi, je prendrai le taxi pour me rendre à l'hôtel Ballsbridge Inn, un charmant petit trois étoiles, situé sur Pembroke Road, à un jetée de pierre du centre ville. J'y entrerai, prendrai ma chambre, une douche peut-être, et partirai en ville pour manger un bout dans un pub. Je boirai une Guinness, ou huit. Je reviendrai à l'hôtel, y rencontrerai Michael Lacey et validerai mon inscription au European Deepstack Championship main event. Je finirai la soirée, je pense, autour des tables de cash game. Demain, après un réveil tardif et un british breakfast, j'accueillerai la délégation helvétique venue en nombre participer au tournoi (plus de 30 membres). Ensuite, nous irons prendre place dans la grande salle de l'hôtel et... Let's shuffle up and deal!

Ce tournoi est infoldable. 50k de stack pour des levels de 60 minutes le premier jour, 90 par la suite et 500€ de buy-in. L'occasion pour moi de participer pour lapremière fois à un event international sans trop corde délier. 500€ restent cependant une jolie petite somme et je ne pourrais pas m'offrir le luxe de la dépenser tous les jours pour un bi de tournoi. Mais voilà, je me suis offert un petit cadeau de Noël-anniversaire personnel (ces deux dates n'étant séparé, dans mon cas, que d'un petit mois) et 2009 ayant été une bonne année au niveau de mes gains live, j'ai pu sans autre compléter le budget.

Au niveau des ambitions, je ne recherche, dans un premier temps, que l'adrénaline que va me procurer les premiers tours de table. Bien qu'étant habitué à jouer live, j'y passe bien plus de temps que sur le net, je ressens une certaine nervosité impatiente à l'idée d'en découdre avec des adversaires de tous horizons (dont beaucoup de Français, à ce que je crois savoir). Passée les premières heures, j'irai chercher, si j'ai encore la chance d'être en lice, le plus loin possible et,pourquoi pas, l'itm. Rien que ça...

Allez, good luck me! Pas de "pas de chance", svp, one time !

PS: coverage, pour les Helvètes, à suivre sur swissholdem ou twitter ou encore twitter

PPS: voici un lien sur un article de IFU, en réaction à mon dernier post "De la nécessité du poker".





Y a pas que le poker dans la vie!

lundi 1 février 2010

De la nécessité du poker

"Si vous lisez ceci, alors cet avertissement est pour vous. Chaque mot que vous lisez de ce texte inutile est une autre seconde perdue dans votre vie. N'avez-vous rien d'autre à faire? Votre vie est-elle si vide que, honnêtement, vous ne puissiez penser à une meilleure manière de passer ces moments? Ou êtes-vous si impressionné par l'autorité que vous donnez votre respect et vouez votre foi à tous ceux qui s'en réclament? Lisez-vous tout ce que vous êtes supposés lire? Pensez-vous tout ce que vous êtes supposés penser? Achetez-vous ce que l'on vous dit d'acheter? Sortez de votre appartement. Allez à la rencontre du sexe opposé. Arrêtez le shopping excessif et la masturbation. Quittez votre travail. Commencez à vous battre. Prouvez que vous êtes en vie. Si vous ne revendiquez pas votre humanité, vous deviendrez une statistique. Vous êtes prévenu... Tyler."  
-Fight Club

Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi vous jouiez au poker? Je veux dire dans quel objectif? Qu'est-ce qui vous a poussé, la première fois, à vous asseoir à une table? La curiosité? L'attrait du gain? Ou peut-être simplement la volonté de passer le temps?  Qu'est-ce qui fait que c'est ce jeu qui ait capté votre attention, et pas le bricolage, la fabrication de maisons en allumettes ou le nordic walking? Pourquoi ne vous êtes-vous pas mis à la cuisine du monde, au tricot, aux claquettes, au scrabble?

À mon sens, et ça ne se discute pas des masses entre convaincus, le poker est un des plus beaux jeux qui existent. Sans en énumérer les composantes, nous, joueurs, connaissons tous l'importance des aspects stratégiques, techniques, psychologiques et hasardeux de cette pratique qui en font une entité extraordinairement complexe à maîtriser. Peut-être est-ça? La poursuite d'une chimère, du cheval fougueux que l'homme de tout temps a voulu dompter, maîtriser, asservir. Pour le servir. Le réduire à l'expression d'un outil pour lui rendre la vie plus facile.

Tom Dwan, dans une interview paru dans Live Poker cet été, affirme qu'il joue pour l'argent. Que le jour où il ne gagne plus, il arrête de fréquenter les tapis vert. Le pognon. Voilà, le mot est laché. Ne jouons-nous pas tous pour le fric? N'est-ce pas le dollars qui, derrière des façades consensuelles de "je cherche à progresser" ou de "ce que je veux, c'est gagner de l'expérience, améliorer mon jeu", motive chaque jour des millions de joueurs à se connecter, à se déplacer au casino ou à la cardroom du coin? Ôter le pognon des paramètres du poker et vos M&M'S semblent bien nus sans leur cacahuète...

"Le poker est le seul loisir que j'ai en dehors du boulot, en plus ça me rapporte! T'en connais beaucoup, toi, des loisirs qui peuvent te rapporter du pognon?" Cette phrase, prononcée par un des regs de la room que je fréquente, fait remarquer que même le "poker détente" est soumis à la vile loi du dieu vert.
Souvenez-vous vos premières parties. Quand vous étiez prêts à tout casser, vous voyant déjà au sommet d'une montagne de billets après votre magnifique victoire aux WSOP. Souvenez-vous aussi du moment où, lassés par une n-ième défaite, vous vous êtes rendus compte que vous n'aviez pas le niveau. Souvenez-vous du moment où le concept de "position" a cessé d'être un truc vaguement abstrait. Vous saviez que c'était important, tous les pros le disent, mais là, c'est devenu réalité, nécessité. Souvenez-vous du premier livre que vous avez lu en pensant tout comprendre. Et relu, parce que "mince, j'ai rien capté". Pourquoi tous ces efforts, toutes ces heures passées à sasser et ressasser de la théorie? Pour être meilleur, demain. Pour gagner. Écraser tous ces donks qui auraient le culot de se dresser sur votre chemin pour vous empêcher d'empoigner le Graal, enfin. D'avoir la reconnaissance de vos pairs. Et des stats positives sur le long terme.

La dimension pécuniaire fait que le poker professionnel est un des ultimes moyens de rébellion qui existe dans nos sociétés occidentales. Seul patron, seul employé, votre entreprise ne tient qu'à votre capacité à prendre les bonnes décisions sur un tapis vert. Une rébellion solitaire, loin de la masse, de la fourmilière qui continue à grouiller sans vous. Vous êtes inutiles à la Reine. Vous ne représentez rien. Tout au plus le symbole du dissident. sous des clichés de bad boy gambler. Le poker nous éloigne de la matrice où Colgate, Pepsodent, Mirlaine, Facebook, Youtube et Coca-Cola sont rois. Il nous permet d'être autre, par la compétition, d'oublier, l'espace d'un battement d'aile de papillon, les factures posées sur la table de la cuisine. Seule compte la bulle. Les cotes du pot. Les "come on, one time, pas de bad beat!". Un bad play, une rivière assassine et c'est la fin. La mort. Ou le réveil.

Le jeu nous permet de ne pas être une statistique, de se battre, de sortir la tête de ce sac. Oui, c'est ça, le poker nous permet de vivre. De nous évader, de rêver. Et c'est le plus beau cadeau qu'il puisse nous faire.

[Mais si en plus y a du pognon à se faire...]

Et vous, pourquoi jouez-vous?

samedi 30 janvier 2010

T'as déjà joué au golf contre Tiger Woods?


Un peu de détente aujourd'hui, avec quelques citations pokériennes, certaines très connues, d'autres un peu moins, tirées du site 01men. Allez. ci-dessous un extrait de cette compilation avec l'une de mes phrases favorites:


« Pourquoi tu ne veux pas jouer au golf contre Tiger Woods ? Tu joues bien au Texas hold'em contre moi. »
"Cette phrase est particulièrement mythique. C'est Phil Ivey lui-même qui raconte l'anecdote (voir la vidéo ci-dessous). L'Américain explique comment une discussion entre eux, lors d'un tournoi à Los Angeles, s'est achevée sur cette conclusion surréaliste. Les deux Phil discutent ainsi de golf, et Hellmuth demande à Ivey s'il a déjà joué contre Tiger Woods. Ce dernier lui rétorque qu'il ne s'estime pas au niveau (mais qui l'est vraiment ?). Hellmuth lui répond alors sur un ton très sérieux la légendaire phrase citée un peu plus haut. L'enfant terrible du Poker n'a décidément peur de rien."



©01men

What else? Celles de Phil Hellmuth sont à mourir de rire, surtout celle du golf... Du grand PokerBrat dans toute sa splendeur.

mardi 26 janvier 2010

le bon plan de la semaine -qui veut du dead money?

Décidément, c'est la fête du slip chez Fulltilt. Après le tsunami engendré par la sortie du rush poker, voilà-t-il pas que la room américaine propose, cette semaine seulement, de doubler tous les prize pools garantis de leurs tournois réguliers. Une bonne affaire sans aucun doute.

Car, même si il est évident que le trafic de joueurs va augmenter pour toutes les épreuves ainsi favorisées, il existe bel et bien, sur certains tournois un peu moins populaires (pour des questions d'horaire et/ou de variantes), une chance d'overlay assez conséquent. À noter que le gros tournoi du dimanche est inclus dans la promotion, ce qui, à coup sûr, va motiver les plus réticents à se diriger vers FT.

D'un point de vue plus personnel, je m'y suis mis dès hier soir déjà, avec un 109$ au joli prize pool. Malheureusement sans succès. Je pensais pouvoir éviter, à ces limites-là, de devoir faire face à des moves d'extraterrestres en mal de sensations fortes. Ben non, la fête du slip, c'est pour tout le monde. Je me suis rapidement rendu compte quand je touche les flèches au premier level. Mon compagnon de droite raise à 90, standard. Je 3bet pour 300. Un call. Mon ami 4bet pour 1100. Même si je suis toujours prudent dans les premiers niveaux d'un tournoi, pas de crainte à avoir ici, alea jacta est. Je boîte mes 3k. Fold du troisième larron, instacall de l'ouvreur. Il dévoile ses cartes... AK! Pas de bad beat, je double. Le sort m'a été favorable, certes, mais je dois dire que je ne peux m'empêcher de trouver des raisons qui pourraient pousser un joueur à éviter la mort en début d'épreuve sur au mieux un flip. Dans un 109$ !

Le même genre de choses va m'arriver un peu plus tard, avec un AK en bb. Blinds 120-240, ante 25, 250 joueurs left sur les quelques 560 de départ. Un  MP raise 545. Tout le monde fold jusqu'à moi. J'ai 3k devant, je vois la un bon spot de resteal. Il y a 1100+ au pot, ce qui ne me ferait pas de mal. Je pense que sur ce genre de move, je ne me fais payer qu'avec une range très étroite (QQ+, év. AK), surtout à ce stade du tournoi. Autre élément en ma faveur, j'ai pour moi assez pas mal de fold equity, son stack n'étant pas énorme non plus, quoique suffisant pour jouer tranquillement encore quelques levels. Bon, je balance la sauce. La suite, comme souvent, en image:



My god, insta-call avec les... 7. La fête du slip, c'est vraiment pour tout le monde.


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