vendredi 13 novembre 2009

Back dans les bacs

Commençons par le commencement. Félicitations à Vincent, aka raulvolfoni, qui remporte mon petit concours et qui participera à l'étape live du PKR Challenge le 19 décembre prochain à Paris. À la lutte avec Stefal, il ne passe l'épaule qu'un d'un demi-point. Pour ma part, j'ai pu me délecter d'un duel franco-belge sur des questions que j'ai pris un malin plaisir à rédiger. À noter qu'aucun de deux participants n'a pu répondre à la question bonus qui, je l'admets de bon coeur, était terriblement difficile, vu que je n'ai pour ainsi dire jamais évoqué ma profession sur ce blog. Tous les détails se trouvent dans les commentaires de ce message. Je compte bien sûr sur Vincent pour nous tenir au courant de sa prestation dans ce qui ne sera ni plus ni moins que son premier tournoi live. Gl at the tables!
Je n'ai que très peu joué online cette semaine. Deux participations à des freerolls lundi (celui de la xewoll league sur bwin et celui de swissholdem sur winamax) pour des résultats honnêtes, sans être ITM toutefois (90è/890 et 31è/136). Mais bon, c'était lundi et ça passe le temps en attendant Dr House. J'ai également tenté quelques sats pour le daily 80 grand de pokerstars; sans succès malheureusement. Voilà pour mon activité hebdomadaires autour des tables virtuelles. Si je n'ai que très peu fréquenté le net, je le dois au fait d'avoir participé à trois tournois live ces derniers jours, avec un peu de cash au rendez-vous (hé, oui, enfin!).
Première tentative mercredi soir, sur un 50+5 CHF avec 20 joueurs au départ. Nous jouons le troisième round et je suis de BB avec . Deux joueurs ont limpé, je ne fais que compléter, désirant de ne pas créer un pot monstre dans les premiers levels de ce tournoi. La BB complète et le flop tombe . Bon, la bonne nouvelle, c'est que j'ai maintenant un brelan; la mauvaise. c'est que ce flop hyperconnecté représente un danger évident. Je donkbet, BB se couche, un joueur en early position paie et le dernier encore en lice lâche ses cartes. La turn et la rivière n'apportent aucune autre carte susceptible de compléter le tirage quinte. Comme j'ai betté la turn et que mon vilain a call; je décide de check/call la rivière. Je vous épargne les détails, mais il montre (joli limp UTG+1), pour un set supérieur. Ce coup réduit mon stack à peau de chagrin. Je finirai par envoyer la boîte quatre mains plus tard, pour ne pas doubler et sortir sous les huées des voix dans ma tête. Un peu à contre-coeurt je m'inscris alors à un sit'n go pour le même buy-in. Nous sommes 10 et je sens mon côté loose-maniaco-agressivo-gambler prendre le dessus. Heureusement pour moi, mes mains relancées trouvent très souvent leur flop durant les premiers niveaux, ce qui me permet de monter un stack confortable. Alors que nous ne sommes plus que cinq, je vais faire preuve de magnanimité en faisant doubler deux shortstacks (avec vs et vs ). Je me maintiens toutefois à un niveau honnête pour atteindre la bulle. C'est à ce moment que je lance la machine, pour relancer deux coups sur trois. Je remporte la plupart des pots preflop, ne montre quasiment jamais mes cartes et ne stopperai la mécanique qu'une fois le head's up terminé... Et remporté (ok, sur un coup de chatte...). 250 CHF qui rentrent; c'est bon pour le moral.
Sur ma lancée, je m'inscris jeudi pour un tournoi dont le buy-in est de 110 CHF. Sur place, je constate que le nombre de participants est relativement famélique (15), mais que la structure de payout est bien sympathique (à l'image d'un sit'n go une table, il n'y aura que trois payés, selon une répartition 50%-30%-20%). Le jeu se déroule tranquillement, on a le temps de pratiquer un bon poker, de développer les coups et je prends beaucoup de plaisir à être de la partie. Les mains jouées n'ont que peu d'importance, beaucoup de mes jetons ont été acquis preflop, au flop ou à la turn, sans showdown. À partir des 10'000 de départ, je monte sans coup férir à 20'000, pour ensuite stagner jusqu'à ce que le field soit réduit à 4 joueurs. Il est vrai que je n'ai pas pris beaucoup de risque durant ces niveaux, me contentant de voler les blinds, puis de les payer, etc. Un gros resteal à noter, sans panache toutefois, puisque je possédais les dames en SB. Nous sommes donc 4 et concluons un bubble deal, le 4è se verra rembourser. Le deal entériné, le shortstack boîte, est payé, et sort. À 3 joueurs, je vais bénéficier d'un énorme concours de circonstance. Mes deux adversaires se partagent le chiplead avec 65'000 chacun, au jeton près, tandis que je me dis que la partie va être difficile, avec mes 20'000 petits amis. Première main à 3: le bouton raise 6'000 (blinds 1000-2000), pour se voir 3bet par la BB à 16'000. L'ouvreur réfléchit, puis 4bet à 30'000. BB call. Je prie pour un baby flop, sur lequel je les imagine bien s'entretuer. Mon voeu est exaucé quand le board montre un ten high. BB ouvre all-in, call du bouton. vs . Pas de bad beat et le bouton double. Head's up. Je me retrouve toujours avec mes 20'000, faisant face aux 130'000 soldats assoiffés de sang de mon adversaire (qui, soit dit en passant, se trouve être le même opposant que lors de mon tête-à-tête final de la veille). Malgré un double-up précoce, je ne pourrai rien faire et m'incline sur un joli play de vilain. Je prends quand même 400 CHF.

Je crois que ma période de tilt est terminée. Parce que c'est de ça qu'il s'agissait, un putain de tilt, associé à une grosse tendance maniaco-je-suis-le-meilleur-du monde. À confirmer ces prochains jours, où je devrais faire mon retour, mais online cette fois.

Ah, et j'ai eu la grippe. Je sais pas si c'était la A, mais je l'ai eue. Et j'ai la toux maintenant. Merci pour le cadeau...




samedi 7 novembre 2009

concours

Qui fera route vers une étape de l'European PKR Challenge? Voilà les questions qui permettront de départager les candidats.

Réglement: 1 point est attribué pour chaque question (y compris la question bonus). Celui qui aura le plus de points engrangera le ticket. En cas d'égalité, je jouerai un head's up HORSE (bi 2.2$ ou play money si existant) contre chacun des candidats. Si je gagne (ou perds) les deux head's up, c'est le temps écoulé avant l'élimination qui fera office de juge.

1) Dans quelle ville s'est illustré Stefal, lui permettant ainsi de faire son entrée dans la base de données HendonMob?
2) Par quel mot ou expression raulvolfoni signe-t-il tous les messages de son blog?
3) Le 15 janvier de cette année, Lesage organisait un lastlonger sur le 8.8$ deep de pokerstars; à quelle place ai-je terminé le tournoi?
4) La communauté suisse romande de poker compte deux forums principaux. Lesquels?
5) Qui a gagné le WPT Festa Al Lago 2008?
6) Quelle est la profession de Darwin Moon, le chipleader de la TF du WSOP Main Event 2009?
7) En quelle année la Suisse a-t-elle autorisée l'organisation de tournois de poker hors casino?
8) En octobre et novembre, un poète célèbre s'est immiscer de manière indirect dans deux de mes messages. Lequel?
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Bonus: quelle est ma profession?

vendredi 6 novembre 2009

European PKR Challenge

Il y a deux semaines de cela, en remportant le classement hebdomadaire de la Xewoll League, je me suis vu attribuer deux lots, parmi lesquels un ticket pour le European PKR Challenge, épreuve qui, un peu sur le modèle du FrancePokerTour, fonctionne en freeroll live donnant lieu , pour les meilleurs, à une qualification pour la finale de Paris. Un package pour les WSOP 2010 (valeur 17'000$) à la clé dans la cité-lumière. Tout de même.
La caravane du challenge passe par plusieurs villes de France et de Belgique. Et c'est bien là le hic. Non pas que je ne porte pas d'affection à la francophonie européenne, mais parce que, étant suisse, je pense que me rendre dans l'une de ces villes à mes frais pour y disputer un freeroll est un move largement EV-. J'ai longtemps réfléchi au sujet de ma participation (ou non) à l'un de ces événements et j'ai décidé de décliner l'offre et c'est pourquoi je vais offrir mon ticket à l'un des lecteurs de ce blog.

Prenez les infos ici, et annoncez-vous dans les commentaires de ce message. Si les demandes dépassent le nombre de 1 (!), j'organiserai un petit concours qui permettra de départager les candidats désireux de se faire les dents en live. J'arrêterai les inscriptions samedi (demain) à 16h00.

Profitez-en, c'est gratuit. Et moi, je vais aller voir si je n'ai pas la grippe A... Des fois que ce serait vrai ce qu'on dit dans les journaux.

mardi 3 novembre 2009

Exilé sur le sol au milieu des huées

"T'imagines pas ce qu'ils m'ont fait..." Ce bout de phrase, sorti -et traduit librement par mes soins- de la bouche du grand, du seul, de l'unique Phill Hellmuth, colle à la réalité de mon week-end pokeristique. Un calvaire, une horreur, le summum de la souffrance autour des tables. Mon challenge sit'n go pique du nez, après avoir vécu une série de 11 tournois sans arriver à me hisser dans l'argent. Des 70/30 perdus à  la bulle en veux-tu, en voilà, des rivières assassines à ne plus savoir qu'en faire... Bref, gros malaise sur mon jeu. Je suis parvenu à jouer la bulle dans 75% des sng auxquels je me suis inscrit, sans aller plus loin. Une crevée, toute belle, au poteau. Alors, oui, mon jeu à la bulle a sûrement eu des points faibles, je n'ai pas optimisé certains coups, alors que j'en ai foiré d'autres. Mais, là... Trop! C'est très difficile, comme je l'ai dit dans un billet précédent, d'enchaîner encore et encore les mains et de ne pas être affecté de l'incidence sur notre jeu de l'une ou l'autre d'entre elles. Surtout en tournoi où le bad beat vous expulse de la table comme un malpropre, les poches vides. Quelle violence, les amis!

Comme souvent quand le online m'entraîne dans un bad run, je me repose sur les MTT live. Samedi, du coup, direction fripoker, pour un 100+25 CHF avec 45 joueurs au départ et structure agréable (10'000 de stack, 25-50 et 30' de round). Alors que je ne joue quasiment pas un coup durant les trois premiers niveaux, je me dis, quand je reçois KK en milieu de parole, que ma relance va être respectée. Ben non. Et quand un As apparaît au flop, je me dis que je peux faire coucher pas mal de A-x, en représentant AK. Ben non. À la turn, je me dis qu'un second barrel fera définitivement taire les contradicteurs. Ben non. Vilain me montre AJ et emporte le coup et 6000 de mes jetons en me postillonnant dans l'oeil (si, si, véridique), bulbutiant qu'il ne m'avait jamais cru. Ah. C'est le même genre d'histoire qu'il m'arrive un peu plus tard quand je relance un pot non ouvert en fin de position avec A6s et que je suis call par la SB. Mon couillon mise sur un flop 2-4-8 rainbow. Ne voyant pas l'aide qu'aurait pu lui rapporté un tel tableau, je le surrelance, il me calle. La turn est un 7, il checke... Je fais tapis... Qu'il s'empresse de payer. Normal, il venait de toucher une paire de 7... (A7o en main). Estomaqué, je me lève, tape sur la table en disant "bien joué!" (ce que je ne pensais bien évidemment pas...) et il me rétorque: "je t'ai jamais cru!..." Pauv' pomme, va. C'est la dernière fois que je ne joue pas une main dans les premiers rounds pour me construire une image...

Mais où voulais-je en venir? Ah oui, voilà: stop. Je stoppe mon challenge, les MTT et le live pour une semaine. Peut-être un peu de CG online en microlimit. On verra.



Marcel Zanini l'avait pourtant dit: "Je ne te crois pas!"

vendredi 30 octobre 2009

Darwin Moon mon héros

Tout le petit monde du poker est au courant, le coup d'envoi du november nine (la table finale du main event des WSOP) sera donné dans un peu plus d'une semaine maintenant. Alors que les bookmakers redoutent plus que tout une victoire de Phil Ivey, que les Français se prennent à rêver d'un bon parcours d'Antoine Saout et que les Brits verraient d'un bon oeil une surprise de l'ex-cheminot et short stack James Ackenhead, j'ai décidé de vous parler du nobody de cette table finale, Darwin Moon; et vous comprendrez vite pourquoi. Moon, c'est l'Américain moyen. Il bosse en tant que responsable d'une exploitation forestière dans le Maryland et c'est donc avec un joli casque orange sur la tête et une tronçonneuse à la main qu'il passe le plus clair de son temps. Âgé de 45 ans, le chipleader de cette table finale ne joue au poker que depuis quelques années, participant à des parties au club d'anciens combattants du coin pourri où il habite.

D'une modestie (feinte?) permanente, le bûcheron ne cesse de ressasser à qui veut l'entendre qu'il a eu un peu de chance et qu'il y avait 6'300 meilleurs joueurs que lui au départ de ce main event 2009. Avouant n'avoir jamais lu un livre de stratégie consacré au jeu, ni même joué online (le journaliste du Washington Post ajoutant qu'il n'utilise pas de carte de crédit), Moon se reconnaît lui-même comme un joueur serré et possédant tout de même quelques qualités de lecture. Tout ceci ne ferait de Darwin qu'un autre Jamie Gold (ou un autre Jerry Yang; l'infâme grenouille de bénitier), s'il ne possédait des vertus qu'on ne peut que respecter.

Il est modeste, je l'ai déjà dit, mas il y a plus que ça. Moon est devenu mon idole pour son sens des valeurs, de l'honneur et son réalisme à toute épreuve. Qu'auriez-vous fait avec les 1.2 mios de dollars promis aux finalistes? Les rêves les plus fous sont permis... Le bûcheron, lui, a acheté un pickup neuf, remplacé le mobile home dans lequel il vivait avec sa femme par une maison préfabriquée et changé le toit de la maison de ses parents; le reste de l'argent partant à la banque (d'ailleurs, je ne sais pas si c'est une bonne idée, aux States...). Il a continué à travailler tous les jours et à participer aux tournois de son club local. Pour préparer la table finale, il a prévu de s'isoler trois semaines dans une cabane, sans eau, ni électricité, pour chasser le cerf. Toujours rien d'exceptionnel, me direz-vous. Et vous auriez raison.

Ce qui rend cet homme hautement respectable est le fait qu'il sera le seul joueur de la table finale à ne pas être sponsorisé par une grande room de poker online.

Et ce ne sont pas les offres qui ont manqué. Avec des contrats d'un ou deux ans à la clés. Mais très peu pour lui: "Never had a boss, and I never want to have one" ("Je n'ai jamais eu de patron et je ne veux jamais en avoir un"), a-t-il confié au WashingtonPost. Wow... C'est pour ça que je l'admire, le grand (et gros) Darwin. Non pas que j'aurais fait le même choix que lui, mais simplement parce que c'est un homme qui respecte ses valeurs et ce qui semble le plus important à ses yeux. Il sait ce qu'il n'est pas et ne sera jamais (un joueur de poker pro) et où se trouve sa place. Moon n'est pas un rebelle, il refuse simplement de se "prostituer", et fait ce qui lui semble être normal: rester un bûcheron du Maryland... Avec un compte en banque bien rempli quand même!

Je suis fan.

sources:
washingtonpost, 10/4/09
benjo, sur winamax